A Lyon, une BiblioDebout interdite par la police

Nous publions ce témoignage d’une des personnes qui participent à la BiblioDebout à Lyon. Ayant pris part à la manifestation du mardi 14 juin, elle rend compte d’un cortège paisible qui a pu avancer sans indicent. Mais son récit se termine par des nouvelles plus inquiétantes : pour la première fois, la police a interdit le montage d’une BiblioDebout, au prétexte qu’il s’agissait d’une “occupation du domaine public sans autorisation”. Qu’un simple partage de livres installés sur quelques tréteaux puisse être interdit en dit long sur la dégradation de la situation et sur le rétrécissement de l’exercice des libertés publiques les plus élémentaires.
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lyon
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Au contraire de Paris, la manif d’hier à Lyon a été la plus agréable que j’ai suivie depuis le début du mouvement. Nous étions à peu près 10 000 dans les rues et c’est la première fois qu’on est si nombreux ici : une ambiance joyeuse et festive y régnait grâce à de nombreux musiciens venus jouer. Mais surtout : la présence de la police et des CRS était beaucoup moins importante (au point que certaines rues n’étaient pas fermées à la circulation et qu’on marchait à côté des véhicules roulants) ; seulement 6 camions de CRS et de gendarmerie en fin de manif alors qu’on est plutôt habitués à une vingtaine. Du coup, la manif s’est super bien passée et il n’y a pas eu de blessés et très peu de casse. On a même pu rester à l’arrivée sur la place sans se faire gazer (ça c’est une première !). Tous les manifestants étaient radieux ! On vous envoie donc une partie de nos ondes positives (on en garde quand même pour la suite).
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En revanche, la fin de la journée a été beaucoup moins agréable. Nous avions prévu une soirée Vent Debout dans un quartier populaire (les Etats-Unis pour ceux qui connaissent Lyon). C’était la 3ème édition de Vent Debout (à raison d’une fois par semaine) et jusqu’à maintenant tout s’était très bien passé. A peine installés sur la place du marché, la police municipale a débarqué en nombre (ils étaient 5 et nous aussi !) pour nous indiquer que nous ne pouvions pas rester : occupation du domaine public sans autorisation. Nos dispositifs quasi-mobiles (tables très légères que nous pouvons déplacer sur demande) qui sont censés ne pas être considérés comme limitant l’accès à l’espace public, n’étaient pas assez mobiles. Mais quand on a demandé si on pouvait utiliser le muret pour présenter nos livres, on nous l’a refusé. Ce n’était donc pas un problème d’accès, mais bien le fait que nous soyons sur l’espace public. L’un d’entre nous a dû donner sa pièce d’identité et se verrait interpeller si nous ne remballions pas. Ce que nous avons fait ! Bref, c’est la première fois que ce type d’intervention arrive ici à Lyon… nous sommes très surpris et allons donc équiper nos tables de roulettes pour être totalement mobiles. Cependant, je crains que la prochaine fois on nous indique que les roulettes ne sont pas assez mobiles !
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